Focus sur les maladies tropicales négligées

Vivre dans un pays tropical est loin d’être le paradis tant imaginé par des milliers de gens. En effet, le climat tropical est source de diverses maladies qui peuvent être, dans certains cas, mortelles.

Les maladies tropicales négligées

Dans les pays tropicaux, il fait généralement chaud et les pluies sont souvent abondantes. Si ces éléments sont indispensables à l’agriculture, ils favorisent, malheureusement, la formation des virus, des parasites et des bactéries responsables de plusieurs maladies. Parmi elles, les plus fréquentes et quelques fois mortelles sont les « maladies tropicales négligées » (MTN).

Ces maladies passent souvent inaperçues et ne suscitent pas beaucoup d’attention d’où leur appelation « négligées ». Généralement, elles ne sont présentent que dans les pays en voie de développement où la population souffre de la pauvreté, du manque de soin, du manque d’eau potable et d’hygiène.

En tout, il existe 17 MTN divisées en trois catégories. Il y a les maladies virales comme la dengue et la rage ;  les maladies bactériennes comme le trachome, l’ulcère de Buruli, la tréponématose endémique ou encore la lèpre. Et, il y a celles qui sont considérées comme étant des maladies parasitaires dont la maladie de Chagas, la trypanosomiase humaine africaine (maladie de sommeil), trématodose d’origine alimentaire, la leishmaniose, la cysticercose, le ver de Guinée, l’hydatidose, la filariose lymphatique, l’onchocercose, la bilharziose et le géohelminthiase.

La plupart de ces maladies sont transmises par des animaux hôtes (rat, chien) ou par des moustiques. Certaines sont dues à l’utilisation ou à la consommation d’eau insalubre et d’autres sont transmises par le biais des légumes ou fruits cultivés sur des sols contaminés par des parasites. Toutefois, il existe aujourd’hui des traitements efficaces et peu coûteux contre la plupart de ces maladies.

 

De remarquables progrès mais beaucoup reste à faire

D’une manière globale, ces maladies tropicales négligées provoquent un handicap majeur comme le retard de développement physique et cognitif chez les enfants, des déformations physiques (notamment avec la lèpre et l’ulcère de Buruli), de la cécité ou dans certains cas la mort si elles ne sont pas traitées rapidement. Selon les données de l’Organisation Mondiale de la Santé en 2015, ces maladies ont affecté plus d’un milliard de personnes dans 149 pays, soit une personne sur six.

Néanmoins, les pays les plus touchés par ces MTN ont fait des progrès remarquables durant ces dix dernières années. D’ailleurs, certaines de ces maladies ont carrément disparu dans plusieurs régions. C’est effectivement le cas pour la dracunculose qui a pourtant affecté plus de 1.800 personnes en Tchad, en Ethiopie, en Mali et en Soudan du Sud en 2010 et plus de trois millions au milieu des années 80. En 2014, seuls 126 cas ont été recensés dans l’ensemble de ces pays, soit une baisse de plus de 99%. De même pour la maladie du sommeil ou la trypanosomiase humaine africaine qui n’a affecté que 6.314 personnes en 2013. En outre, l’onchocercose a totalement disparu depuis l’année 2013 alors qu’elle ravageait encore la Colombie et l’Equateur en 2000.

Par contre, quelques-unes de ces maladies continuent à persister. C’est le cas de la dengue qui est actuellement présente dans 150 pays et continue à faire des ravages. Sa persistance est notamment due au changement climatique qui favorise la reproduction des aedes aegypti, les moustiques vecteurs de la maladie.

D’ici 2020, les maladies tropicales négligées devraient disparaître totalement si les pays touchés continuent à maintenir leurs efforts et que la communauté internationale maintient leur soutien. En effet, chaque pays affecté devrait renforcer sa politique de prévention en se montrant le plus réactif possible face à une épidémie, en facilitant l’accès aux médicaments curatifs et préventifs contre ces maladies et en améliorant les moyens de lutte. De leur côté, les pays développés devraient s’investir davantage dans la recherche de traitements plus efficaces notamment contre la maladie de Chagas et la trypanosomiase humaine africaine et des vaccins gratuits contre la dengue. Mais à cause de la multiplication des conflits et des catastrophes naturelles dans plusieurs parties du monde, notamment en Afrique et au Moyen Orient, ces bons résultats risquent de chuter considérablement.