Pourquoi la faim persiste dans le monde ?

La faim est la plus grande menace pour la santé mondiale. Pourtant, il existe des ressources suffisantes pour nourrir tout le monde, il suffit d’identifier les principales causes de ce fléau et d’apporter les solutions adéquates. 

 

La faim persiste malgré les progrès

Peu en parle et pourtant elle représente aujourd’hui la plus grande menace pour la santé mondiale : la faim dans le monde. Certes, elle a connu un important recul depuis ces dernières années mais elle n’a pas pour autant disparu. D’ailleurs, selon les données publiées par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dans son rapport intitulé « l’état de l’insécurité alimentaire dans le monde » le mercredi 27 mai 2015, il reste encore 795 millions de personnes à travers le monde qui souffrent de faim et 100.000 personnes qui en meurent par jour. A notre époque où la conquête spatiale et les prouesses technologiques se multiplient, il est tout simplement incroyable de constater qu’on n’est toujours pas en mesure de faire face à ce fléau qui continue à mettre en danger la vie de plusieurs millions de personnes chaque jour.

 

La famine est loin d’être une fatalité !

Mais comment expliquer cette situation ? Et surtout, pourquoi les pays en voie de développement sont les plus touchés par cette famine ? D’abord, il y a les phénomènes climatiques comme la sécheresse, les inondations… Quand ils se produisent, les pays pauvres se retrouvent souvent à sec de provisions parce qu’ils n’ont pas pu stocker les récoltes nécessaires. Une situation qui est visible actuellement en Ethiopie, en Afrique du Sud ou encore en Zimbabwe après le passage d’une sévère période de sécheresse vers la fin du mois de décembre dernier. Cette incapacité à remplir les réserves est due à l’insuffisance de la production locale durant toute l’année. En effet, par manque de moyens, les agriculteurs dans ces pays ne peuvent pas produire assez de récoltes (les bœufs n’ont pas été remplacés par des machines et ils n’utilisent ni d’engrais ni de pesticides, et manquent d’eau potable). Au Mali, par exemple, un hectare de céréales produit environ 650 kg de grains contre dix tonnes en France pour la même surface.

Ensuite, il y a les mauvais choix économiques des dirigeants de ces pays en voie de développement. Généralement, l’agriculture est destinée à l’exportation plutôt qu’à la consommation locale. Et pour nourrir la population, ils sont obligés d’importer. Or, cette importation ne fait que creuser davantage les inégalités entre pays pauvres et pays développés. En effet, les produits importés sont souvent moins chers par rapport aux produits locaux puisque les agriculteurs étrangers produisent en grande quantité pour compenser le prix. Un procédé qui est impossible à faire pour les producteurs locaux qui, pour la majorité, travaillent sur une agriculture familiale. Au Sénégal, par exemple, les fruits importés coûtent trois fois moins chers que les fruits produits localement. Les produits locaux sont ainsi délaissés au détriment des produits importés. Et pire encore, cette situation contraint les agriculteurs locaux à abandonner leurs terres. Or, ces terres sont ensuite récupérées par des entreprises agricoles multinationales qui implantent leur agriculture performante dans le pays tout en profitant d’une main d’œuvre pas chère. Pourtant, ces produits sont ensuite vendus sur le marché européen à des prix extrêmement chers. Autrement dit, les riches s’enrichissent pendant que les pauvres s’appauvrissent.

En outre, les conflits et les guerres qui persistent dans certains pays ne font qu’aggraver la situation. C’est le cas de la Syrie où 8,7 millions de personnes ont actuellement besoin d’une assistance alimentaire. Depuis maintenant cinq ans, la Syrie est en proie à une sanglante guerre civile contraignant la majorité de ses agriculteurs à abandonner leurs exploitations agricoles. Et finalement, la corruption aussi est un facteur qui aggrave la famine dans un pays. En effet, une grande partie des aides financières venant de la communauté internationale pour soutenir des projets et des programmes de lutte contre la famine et la malnutrition dans les pays en développement sont souvent détournées par les dirigeants.

 

Quelles sont les perspectives ?

Pour combattre la faim dans le monde, la solution est avant tout axée sur l’agriculture. Chaque gouvernement devrait miser sur une agriculture qui serait apte à satisfaire les marchés locaux et nationaux.  Le but est avant tout d’améliorer les disponibilités alimentaires des paysans et de leurs familles. Une fois leur situation stable, ils peuvent développer et moderniser leur agriculture. Ce qui va conduire à l’autosuffisance alimentaire du pays et à créer des emplois. Mais ceci ne devrait, en aucun cas, empêcher les échanges internationaux de biens agricoles. Il est tout simplement important de mettre en place des règles strictes et judicieuses pour réduire les inégalités et pour que chaque pays soit gagnant durant l’échange.