Pauvreté des enfants : la France défend sa politique

Beaucoup d’enfants vivent actuellement au dessous du seuil de pauvreté dans l’hexagone. Pendant deux jours, la France a dû apporter des explications sur ce fait devant l’ONU.  

 

La France s’explique

Comme tous les autres pays signataires de la Convention internationale des droits de l’enfant, la France doit systématiquement rendre des comptes à l’ONU.

Le mercredi 13 et le jeudi 14 janvier, Laurence Rossignol a représenté la France auprès du comité des droits de l’enfant des Nations unies. Pendant ces deux jours, la secrétaire d’Etat chargée de l’enfance a dû apporter plusieurs explications notamment sur la politique adoptée par le pays pour lutter contre la pauvreté.

A l’issu de la dernière audition en 2009, rappelons-le, les Nations Unies ont reproché à la France de ne pas apporter suffisamment de contributions dans la lutte contre la pauvreté des enfants surtout ceux qui sont issus de l’immigration comme les Roms. Le même reproche a été fait par les 25 experts interviewés dans le livre plaidoyer publié par l’UNICEF le mercredi 13 janvier 2016 : « Les enfants peuvent bien attendre ».

Bien consciente de cette réalité, Laurence Rossignol a tout de même tenu à défendre les progrès effectués par la France dans sa lutte contre la pauvreté des enfants. Ainsi, elle a déclaré à l’AFP : « Cette situation n’est pas le fruit d’un désengagement des politiques publiques ou d’un renoncement sur l’éducation. Elle est une des conséquences d’un chômage élevé et l’augmentation des flux migratoires ».

Elle a rappelé par la même occasion que « la France a fait de la lutte contre la pauvreté des enfants une priorité » depuis 2012. Une priorité qui s’est traduite par la création de 60.000 postes d’enseignants pour promouvoir l’éducation.

 

La pauvreté des enfants en France : les chiffres

La pauvreté des enfants est une réalité qui dérange et indigne. Dans le dernier rapport de l’UNICEF, publié le 9 juin 2015 : près de trois millions d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté dans tout l’Hexagone. En d’autres termes, un enfant sur cinq vit dans un foyer disposant moins de 964 euros par mois.

En général, ces enfants souffrent d’une carence alimentaire (près de 40.000 d’entre eux n’ont pas accès à trois repas par jour) ou du manque de soins. Ce qui va avoir des conséquences néfastes sur leur croissance et leur développement physique, mais aussi sur leur santé psychique. En effet, la Croix Rouge a remarqué que  « les enfants pauvres sont beaucoup plus anxieux car ils souffrent d’insécurité et de honte ».

Les conséquences sont beaucoup plus pires pour les 30.000 enfants qui n’ont pas de domicile fixe et les 9.000 qui vivent dans des bidonvilles.

Au niveau scolaire, entre 140.000 et 150.000 doivent quitter l’école chaque année à cause de la pauvreté.