Jungle de Calais : comment se déroule le démantèlement?

Tous les projecteurs sont braqués sur la France, le démantèlement de la jungle de Calais a commencé. La fin du plus grand bidonville du pays approche désormais à grands pas après plusieurs rebondissements, notamment le référé déposé au tribunal administratif de Lille par plusieurs associations. Les incertitudes persistent encore après le premier jour de l’opération.   

Les inquiétudes

La grande question qui a retenu toutes les attentions est le sort des mineurs qui vivent dans le camp, surtout ceux qui sont isolés. Encore mercredi dernier, l’UNICEF a rappelé la nécessité de prendre des mesures pour protéger ces mineurs. « L’UNICEF rappelle que quelque 1 300 enfants et adolescents non-accompagnés, c’est-à-dire seuls sans adulte de confiance, y vivent actuellement, et que ce démantèlement ne doit pas avoir lieu sans que des mesures indispensables soient prises, afin de protéger ces mineurs déjà en danger », rapporte  l’Humanité.

La fermeture des échoppes faisait aussi du bruit. Une première demande de la préfecture du Pas-de-Calais a été refusée car les commerces illégaux de la jungle de Calais étaient considérés comme des « lieux de rencontre apaisés entre migrants et bénévoles ». Mais le Conseil d’Etat a finalement approuvé l’évacuation des 72 échoppes concernées, selon Le Monde. Les raisons de cette validation est mises en avant par le quotidien : « ces installations présentent un risque important d’incendie, les occupants ne disposent d’aucun titre, les activités sont exercées dans des conditions sanitaires dangereuses, certains trafics et la vente d’instruments pouvant servir d’armes ont, en outre favorisé des tensions et des comportements violents dans la zone ».

Cette validation de l’expulsion des commerces de la jungle de Calais s’annonçait comme un feu vert pour le démantèlement, la réaction des associations ne s’est pas fait attendre. Onze ONG ont alors déposé un référé au tribunal administratif de Lille le 14 octobre pour s’y opposer. Cette requête a été rejetée par la justice comme l’explique L’OBS. L’article se veut rassurant en donnant de nouvelles informations concernant la répartition des migrants : « depuis un an, 6.000 personnes majeures ont d’ores et déjà pu être mises à l’abri grâce aux 3.000 places mobilisées par l’Etat dans 164 Centres d’accueil et d’orientation (CAO), gérés par des associations spécialisées. Un peu plus de 7.000 nouvelles places ont été trouvées récemment pour permettre le démantèlement de la jungle où se trouveraient à peu près autant de migrants ».    

Le démantèlement est en cours

Le recours en justice des associations étant rejeté, le démantèlement a débuté le lundi 24 octobre. 2.318 migrants ont été évacués lors de ce premier jour. Et alors que le démantèlement a commencé, Le Figaro a recueilli l’avis des premiers concernés. « Si certains des quelque 6.400 à 8.300 migrants, selon les comptages, sont contents de fuir ce campement de fortune avant l’arrivée de l’hiver, d’autres s’y sont finalement résignés, tandis qu’une dernière partie s’y refuse absolument », révèle-t-il.

Ce démantèlement de la jungle de Calais a également des répercussions au-delà des frontières. La Belgique qui craint un afflux de migrants a notamment renforcé sa frontière avec la France. « Elle ne veut surtout pas qu’un nouveau camp se forme sur son territoire », explique l’express. Le démantèlement a aussi fait exploser les prix pour entrer illégalement en Angleterre, selon le constat du Parisien. Rappelons que la majorité de ces migrants de Calais veut atteindre ce pays.

S’il y a une chose à retenir jusqu’ici concernant cette opération, c’est que les incertitudes persistent. Alors que les migrants s’interrogent sur la nouvelle vie qu’ils vont mener, les habitants de Calais s’inquiètent d’un possible retour des migrants. Les élus, de leur côté, craignent les squats et les actions activistes.

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