Bilan prometteur pour le centre d’accueil de migrants à Paris

Offrir un accueil digne aux migrants ! Tel est l’objectif principal du centre humanitaire situé dans le nord-est du Paris. Un mois après son ouverture, le bilan est plutôt positif même si de nouvelles places doivent être créées d’urgence face à la surcharge du site.

 

Après un mois d'ouverture, le centre humanitaire a hébergé plus de 1.500 migrants

Après un mois d’ouverture, le centre humanitaire a hébergé plus de 1.500 migrants

 

Accueil de 3.210 demandeurs d’asile

Le 10 novembre dernier, une grosse bulle colorée (jaune, grise et blanche) de 900m2 a fait son apparition près de la porte Chapelle. Il s’agit du centre humanitaire pour migrants, promis par la mairie de la ville quelques mois plus tôt. A différencier d’un camp, le centre sert plutôt de « transit » pour les demandeurs d’asile. Les objectifs sont donc d’informer, de soigner et d’héberger le demandeur d’asile en attendant son transfert vers des structures plus pérennes.

Près d’un mois après son ouverture, le bilan est plutôt positif pour la nouvelle structure d’accueil. En effet, elle a déjà accueilli 3.210 personnes dont 1.509 ont été hébergées. Parmi elles, 1.088 hommes isolés ont été installés dans le hall de 10.000m2 du site proposant douze cabanes en bois. Quant aux 318 mineurs isolés et 103 femmes ou familles, ils ont été transférés dans des structures adaptées a précisé Dominique Versini, adjointe à la mairie de Paris.

Il est à noter que le centre ne propose qu’un hébergement d’urgence allant de cinq à dix jours. Ainsi, au cours de ce premier mois, 649 personnes ont pu être transférées vers les centres d’accueil et d’orientation (CAO) en régions ou vers les centres d’hébergement d’urgence en Ile-de-France. Un bilan qui satisfait Yann Manzi, fondateur d’Utopia 56, l’une des associations mobilisées sur le site. Il a d’ailleurs souligné : « C’est ce qu’il manquait à la France, un tel dispositif. Jusqu’à présent, les migrants arrivaient et étaient pris en charge par rien du tout ».

 

Des lits en plus ?

En clair, « ce site a permis d’éviter la reformation d’un campement de 1.500 migrants dans les rues de la capitale » a souligné Bruno Morel, directeur général d’Emmaüs-Solidarité. Mais de l’autre côté des grilles, des petites tentes multicolores occupent l’avenue du Président-Wilson. Elles abritent ceux qui n’ont pas pu être accueillis par le centre humanitaire.

Parmi eux, Ali, un afghan de 23 ans a expliqué : « Dès six heures le matin, il y a la queue mais il n’y a pas de place, alors on revient ici ». Notons qu’avec ses 400 places, le site ne peut accueillir qu’entre 50 à 80 migrants par jour et affiche donc rapidement complet.

Face à cette situation, Patrick Vieilliscazes, chef de cabinet du préfet d’Ile-de-France, a évoqué une possible création de 150 places supplémentaires. Soit, il va falloir « densifier le hall » et ajouter plus de lits, soit « installer des structures modulaires » à côté a-t-il expliqué. Par ailleurs, il envisage aussi l’ouverture des enregistrements durant le samedi pour éviter qu’il y ait un afflux le lundi matin à cause de la rupture du week-end. En attendant, entre 150 à 200 personnes attendent donc dehors avec ce temps glacial.